Les Séries pour les nuls
Loin de moi l'idée de viser ma belle-soeur adorée avec ce terme dégradant qu'est «nul», mais bien sûr, j'emprunte l'expression à la populaire collection de livres qui traite d'un sujet en partant de la base.
Dans ses commentaire récents, bellesoeuradorée disait que l'ajout d'un tableau visuel des Séries, dans la colonne ci-contre, l'a aidé à comprendre le portrait des éliminatoires. Il n'en fallait pas plus pour que je parte en feu.
Cherchant toujours à me rendre utile à qqch quand bébé dort et que c'est un soir où le Canadien ne joue pas (c'est bien beau les Sénateurs mais une game de 8-4 c'est... disons... moyen), je me lance donc dans une «petite» explication de comment ça marche le classement, la saison régulière et les Séries dans la «nouvelle» LNH!
La plupart d'entre vous savent déjà tout ça mais, come on, je m'amuse, moi, à me prendre pour un pédagogue sportif de salon!
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• La LNH est divisée en 2: l'Association de l'Est et l'Association de l'Ouest. Il y a 15 équipes par Association pour un total de 30.
• Chaque Association est subdivisée en 3 sections:
Association de l'EST
Nord-Est
Atlantique
Sud-Est
Association de l'OUEST
Centrale
Nord-Ouest
Pacifique
• Chaque section contient 5 équipes chacune. Passez votre souris au-dessus des noms de sections ci-haut pour les voir.
• Dans la saison régulière, chaque équipe joue 82 matchs: 41 à domicile et 41 à l'étranger. Ces matchs sont répartis dans l'année de façon a créer des rivalités naturelles (historiques et géographiques) et une fin de saison serrée. Chaque club joue donc:
- 72 matchs contre des équipes de la même Association: 8 contre chaque équipe de la même section, 4 contre les autres.
- 10 matchs seulement contres des équipes de l'autre Association (par exemple, le Canadien n'a pas joué cette année contre 5 formations de l'Ouest, soit la section Centrale au complet).
• Chaque victoire vaut 2 points au classement. Il n'y a plus de parties nulles. Si le score est à égal après 60 minutes, les deux équipes récoltent un point automatiquement. Pour aller chercher le point supplémentaire qui vient avec la victoire, on joue:
- une prolongation de 5 minutes, à 4 contre 4 (au lieu de 5 contre 5) pour favoriser l'offensive.
- Si l'égalité persiste, une fusillade (aussi connue sous le nom de «tirs de barrages» ou «shootout») a lieu. 3 joueurs de chaque équipe sont envoyés tour à tour en échappée (comme un tir de pénalité). Si c'est toujours égal, chacune renvoie un joueur jusqu'à temps que l'un marque, et que l'adversaire ne marque pas. À noter que les fusillades ne comptent pas dans les «vraies» statistiques. Même si une équipe marque 3 buts contre 2 en fusillade d'un match 0-0, le score final sera 1-0 et le but gagnant ne sera attribué à aucun joueur et n'affectera pas la moyenne du gardien (mais peut-on parler ici d'un blanchissage quand même? hum….).
• Une fois la saison terminée, on détermine les équipes qui participeront aux Séries comme ceci:
- Dans chaque Association, les meneurs de chaque Section sont automatiquement classés 1er, 2e et 3e.
- Le reste des équipes sont ensuite classées pour les positions 4 à 8. Les positions 9 à 15 sont exclues des Séries.
- Donc, 8 équipes par Association font les Séries, ce qui donne 16 en tout. Il existe 30 équipes, alors 14 sont exclues! Avant l'expansion de 1991, il n'y avait que 21 équipes dans la LNH, alors seulement 5 étaient «out» en fin de saison.
• Les Séries commencent environ 3 jours après la fin de la saison et durent environ 2 mois! Ce sont probablement les plus longues du sport professionnel et par conséquent, la Coupe, le trophée le plus difficile à gagner. Avec son âge (113 ans), ça ajoute grandement à son degré de prestige et de convoitise!
• Les Séries consistent en 4 rondes éliminatoires:
- Les quarts de finales d'Association
- Les demi-finales d'Association
- La finale d'Association
- La finale de la Coupe Stanley
• Chaque ronde consiste en une série 4-de-7. Ça, ça mêle bien des gens. C'est simple: la première équipe qui gagne 4 parties élimine l'autre et passe à la ronde suivante. Le 7, c'est parce que ça se fera en maximum 7 parties. En anglais, on dit best of 7. Si jamais chaque équipe en gagne 3, ça fait 6 parties. Donc la 7e partie sera l'ultime! Note: Les quarts de finales d'Association ont déjà été des 3-de-5, ce qui accélèrait le processus. Mais moins de matchs possibles = moins d'$ ! :-)
• Il n'y a pas de match nul en Séries, ni de fusillade. Si le score est égal, on continue à jouer des périodes réglementaires de 20 minutes jusqu'à ce qu'un joueur marque… théoriquement, il n'y a pas de limite: le record est de 5 périodes de prolongation.
• Les jumelages sont déterminés de façon à favoriser les équipes qui ont terminé haut dans le classement de la saison régulière:
- L'équipe #1 jouera contre l'équipe #8
- L'équipe #2 contre l'équipe #7
- Et ainsi de suite: #3 contre #6 et #4 contre #5
• Les équipes #1 à #4 commencent à jouer à domicile. D'où l'expression «avoir l'avantage de la glace», qui réfère aussi au fait que, lorsqu'une équipe joue à la maison, l'entraîneur envoie ses joueurs en dernier sur la glace, et peut donc plus aisément décider de contrer l'adversaire avec tel ou tel trio.
• En théorie, les équipes #1, #2, #3 et #4 devraient gagner et passer au tour suivant. Les jumelages seront donc refaits selon la même logique: #1 contre #4, #2 contre #3, toujours pour favoriser que #1 joue contre #2 en Finale d'Association (ce qui arrive rarement!)
• Le champion de chaque Association remporte un trophée (le Prince-de-Galles dans l'Est, le Clarence-Campbell dans l'Ouest), mais tous s'en foutent pas mal: c'est la Coupe Stanley qui compte! Certains croient que ça porte malheur de toucher au trophée d'Association, car ceux qui l'ont fait auraient ensuite, dit-on, perdu la Finale. En 1993, les Canadiens, trop contents et non supersitieux, ont osé le prendre à bout de bras et faire le tour de la patinoire avec! Le dessus (cap) en est même tombé! On connaît la suite: ils ont promené la Coupe quelques semaines plus tard, alors phoque la malédiction!
• Le soir où la Coupe est remportée, on remet aussi un autre important trophée: le Conn Smythe, décerné au joueur le plus utile des Séries depuis 1965. Il va habituellement à un joueur de l'équipe victorieuse, mais il peut aussi être remis à un joueur de l'équipe perdante, si on juge que sans lui, son équipe ne se serait jamais rendue en Finale. C'est arrivé en 2003 au gardien Jean-Sébastien Giguère des Mighty Ducks d'Anaheim et seulement 4 autres fois.
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Voilà ce qui complète, je pense! Restez à l'antenne pour «La Coupe Stanley pour les nuls» d'ici mon retour au travail à la mi-mai, où je parlerai du trophée en soi. ;-)
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