Le premier fantôme [MàJ]
Note: Pour les prochains jours, ce site est déconseillé au lecteur qui n'aime pas le hockey et/ou les Canadiens de Montréal et/ou la nostalgie embellie du passé des Glorieux. Nous préférons vous en avertir. ;-)
À la veille du premier match éliminatoire du CH, on a bien tenté de se procurer un petit ensemble pour bébé aux couleurs de la Sainte Flanelle. Mais, ô région floue du Québec, c'est juste des gogosses des Sénateurs d'Ottawa qui se trouvent dans les gamasins, ici!
Kass lann tienn, on a fait ni une ni deux et on a acheté des cache-couches blanc uni, et grâce au papier transfert sur T-Shirt pour imprimante à jet d'encre, on va en créer un nous-mêmes, un suit des Habs pour notre ti gars! Yeah! Trip de parents... de papa vous direz, mais maman y tient aussi, je vous jure!
Alors je suis en train de voir comment on va s'y prendre et qu'est-ce qu'on va mettre dessus. Un numéro dans l'dos? Certainement! Mais quel numéro? Le 7, évidemment (sa date de naissance)!
Le 7… me semble que c'est un numéro retiré par le CH… un vieux numéro d'un vieux joueur légendaire, mais me souvenais pu qui. Après quelques recherches, ma mémoire est rafraichie et j'en ai appris bien plus sur le premier des CHampions, HOWIE MORENZ.
Pour que ça soit plus l'fun à lire, allons-y «bullet form»:
• Avant de se joindre au CH, il était déjà populaire et reconnu pour sa vitesse, chez lui en Ontario. Il performait particulièrement en Séries et il a même joué pour trois clubs amateurs en même temps (et ils remportèrent tous leur championnat respectif).
• Il a joué pour le Canadien de 1923 à 1934, a été échangé aux Black Hawks, puis aux Rangers, et est revenu à Montréal pour la saison 1936-37.
• Il est considéré comme la première vraie vedette du hockey, aidant même à vendre ce jeune sport aux États-Unis.
• Il a remporté 3 fois le trophée Hart (joueur le plus utile) et 2 fois le championnat des compteurs (le trophée Art Ross n'existait pas encore).
• Lors de sa première saison, en 1923-24, il a joué avec les vétérans Aurel Joliat et Billy Boucher. Ce trio a grandement aidé le CH a remporter sa toute première Coupe Stanley dans la LNH (Le CH avait gagné sa première Coupe en 1916, l'année avant la fondation de la Ligue, en 1917).
• Il a aussi aidé a remporter les deux premières Coupes consécutives du Canadien, en 1930 et 1931.
• Lors de la saison 1929-30, il a marqué 40 buts en 44 parties.
• Il participa au tout premier match des étoiles, en 1931.
• Sa carrière prit fin abruptement le 28 janvier 1937, lors d'un match à Montréal contre Chicago. Earl Seibert lui donna une violente mise en échec, son patin resta pris dans une fente de la glace et il s'écroula dans la bande.
• Sa jambe était fracturée à 4 endroits, et on raconte que le bruit retentit partout dans le Forum, un grand «crack», à la Moises Alou en 1993.
• On dut l'hospitaliser, évidemment, et lui introduire une tige de métal dans la cheville pendant des mois pour réaligner les os de la jambe.
• Complétement démoralisé et sachant que sa carrière était finie, il aurait dit à Aurel Joliat, qu'il allait «regarder les Canadiens d'en haut»… On ne meurt habituellement pas d'avoir les os de la jambe brisés, alors Joliat croyait qu'il disait ça à cause de son moral à terre.
• Il avait dû sentir la fin pour vrai, car ses blessures se compliquèrent et il en morut le 8 mars 1937 (j'sais pas si monsieur Seibert a filé cheap après ça?).
• Trois jours plus tard, le 11 mars, le Club de hockey Canadien transforma le Forum en véritable sanctuaire et exposa la dépouille de Morenz au centre de la glace. Environ 10 000 personnes assistèrent aux funérailles et des milliers d'autres à la procession.
• Quelques mois plus tard, le 2 novembre 1937, au début de la nouvelle saison, on retira son numéro 7, le premier chandail du Canadien - et du hockey professionnel - à mériter cet honneur. Le deuxième chandail du CH retiré le sera 23 ans plus tard: le numéro 9 de Maurice Richard, quelques mois après la retraite du Rocket.
• Sa fille, Marlene Morenz, épousa Bernard «Boom Boom» Geoffrion. On se souvient que Boom Boom est décédé le 11 mars dernier, le jour même où le Canadien retirait son numéro 5 et le hissait à côté du numéro 7 de Morenz, son beau-père… exactement 69 ans, jour pour jour, après les funérailles (mentionnées plus haut) de ce dernier!
• Le 11 mars 2006 marquait aussi le 10e anniversaire de la fermeture du Forum. Une date triplement triste pour les fans du CH!
• Cette date avait été choisie aussi parce que l'équipe visiteuse était les Rangers, où Boom Boom a joué brièvement après être sorti de sa retraite.
• Marlene Morenz vit toujours (à Atlanta, où Boom Boom a déjà coaché les Flames dans les années '70) et la soeur de sa grand-mère maternelle était l'épouse de Billy Coutu, défenseur, ex-capitaine des Canadiens (1925-26) et membre de l'équipe lors de leur première saison dans la LNH, en 1917.
• Billy Coutu est le premier (seul?) joueur de la LNH à avoir été banni à vie! En 1926, le Canadien l'échangea aux Bruins (alors dans leur 2e année d'existence). Pendant le 4e match de la finale de la Coupe Stanley (qu'ils ont perdue contre Ottawa, et ce fut la dernière Coupe de Sénateurs -- à date!), son coach, le fameux Art Ross, lui aurait ordonné de partir une bagarre, alors il a frappé… un arbitre!
• À l'un de ses premiers entraînements avec sa nouvelle équipe, les Bruins, Coutu aurait frappé si violemment son coéquipier Eddie Shore qu'il a failli lui arracher l'oreille. Shore consulta plusieurs médecins qui lui recommandaient d'amputer l'oreille, jusqu'à ce qu'un, plus «game», lui recousut. Shore, soulagé de garder son morceau, se plaignit que Coutu avait utilisé la lame de son bâton pour le varger par la tête. Coutu reçut une amende de 50$ (rappel: on est en 1926). Plus tard Shore vit bien que Coutu était un tough et que l'altercation n'avait rien de personnel, alor il retira sa plainte, et Coutu fut remboursé! Décidément, Shore a trouvé de tout chez ce Coutu, même un ami! (haha. hoho. hihi. huhu.)
• L'arrière-petit-fils de Morenz, Blake Geoffrion, 17 ans, jouera probablement pour l'Université du Wisconsin en 2006-07. Jouera… au hockey, bien sûr!
• Étant donné que le père de Blake, Dan Geoffrion, fils de Boom Boom, a joué pour les Nordiques (dans la WHA en 1978-79), les Canadiens (en 1979-80, alors que papa Boom Boom était son coach!) et les Jets (1980-81), ça fera la 4e génération de Morenz-Geoffrion qui joue au hockey.
• Morenz faisait partie des 12 premiers à être intronisés au Temple de la Renommée du hockey, en 1945.
Voilà pour ce légendaire numéro 7 du Canadien. Espérons que son fantôme rôde quelque part dans le centre Bell, surtout entre les deux oreilles de certains joueurs dont je doute du sentiment d'appartenance. ;-)
Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut!
On verra ça demain…
3 commentaire(s):
Alors, je connais 2 futurs joueurs de hockey...
Léon Pâquet-Lavoie #9 (né le 9 avril 2005)
Éloïc Veilleux-Courtemanche #7 (né le 7 avril 2006)
Houla, ça fait terriblement St-Flanelle!!!
Simon, si tu va voir notre ligue virtuelle, essaie de voir le slogan de mon pote qui a les Canadiens...
Nos bras meurtris vous tendent le flambeau...
C'est vrai qu'c'est long hein? Eric, j'ai tu dépassé mon record de nombre de mots?
Guillaume: j'ai fait plein de recherches hier sur wikipedia, hockeydb, le site des Canadiens et celui du Temple de la Renommée (hhof)… de lien en lien, ça devenait toujours plus intéressant, et j'ai toujours trippé sur l'histoire en général, et celle de la Coupe et de notre sport national! J'ai d'ailleurs la série «Légendes du hockey» en DVD (2x 2 disques) et je l'ai même pas toute regardée! Là ça m'a reodnné le goût. Et le film Maurice Richard aussi. J'pensais qu'il sortirait en DVD bientôt, mais il ressort au cinéma! D'oh!
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